Véritable standard de la certification environnementale, le label BREEAM évolue pour s’adapter aux nouveaux enjeux de la construction durable. Sa nouvelle version, applicable depuis le 27 janvier 2026, intègre des exigences renforcées en matière de sobriété énergétique, d’impact carbone ou encore de santé. Quelles sont les évolutions apportées par la version 7 de la certification ? Est-elle avantageuse pour les professionnels du bâtiment ? emersus vous propose un tour d’horizon de la certification BREEAM V7 pour vous aider à valoriser vos projets !
BREEAM : définition, principes et critères d’évaluation
Savez-vous vraiment ce qu’est la certification BREEAM ? Avant de nous intéresser aux nouveautés apportées par la version 7 du référentiel, voici quelques rappels bien utiles sur ses principes et ses critères d’évaluation.
Qu’est-ce que la certification BREEAM ?
La certification BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) est une méthode d’analyse qui permet d’évaluer les performances environnementales et la durabilité des bâtiments. Élaborée en 1990 par le BRE (Building Research Establishment), cette certification d’origine britannique a progressivement évolué pour devenir un standard parmi les labels de construction à impact environnemental réduit.
Quelques chiffres notables :
- elle est utilisée en France depuis 2013 ;
- elle est déployée et reconnue dans plus de 100 pays ;
- elle a permis de certifier plus de 3 millions de projets immobiliers depuis sa création.
En quelques années, BREEAM est devenu une référence pour la certification environnementale. Alignée avec les normes et les réglementations actuelles, la certification anglo-saxonne est désormais un outil stratégique de premier plan pour les professionnels de l’immobilier et de la construction.
Les principes fondateurs de la certification
Le référentiel BREEAM repose sur plusieurs principes fondamentaux.
Une approche holistique et flexible
La certification prend en compte les projets dans leur globalité, de la conception à la rénovation, en passant par l’exploitation. Elle s’adapte à de nombreuses typologies de bâtiments et de structures comme les établissements de santé, les résidences collectives, les industries ou encore les bâtiments tertiaires (bureaux, commerces, hôtels). Applicable à différentes échelles, le référentiel permet de certifier des bâtiments isolés ou des structures de plus grande envergure, comme des groupes de bâtiments ou des quartiers urbains.
Une méthodologie structurée pour chaque type de projet
Le référentiel est constitué de plusieurs standards qui encadrent les étapes de la vie d’un bâtiment, d’un ensemble de bâtiments ou d’une infrastructure.
- BREEAM New Construction (NC) pour les projets de nouvelles constructions ;
- BREEAM In-Use (IU) pour les bâtiments existants en cours d’exploitation ;
- BREEAM Refurbishment and Fit-Out (RFO) pour les bâtiments en cours de rénovation ou d’aménagement ;
- BREEAM Infrastructure pour les ouvrages d’infrastructures tels que les routes et les réseaux de transport ;
- BREEAM UK New Construction Residential pour les constructions à usage résidentiel (applicable uniquement au Royaume-Uni) ;
- BREEAM Communities qui évalue la performance environnementale au niveau d’un quartier ou d’un ensemble urbain (qualité de vie, gestion des déchets, conception architecturale).
Chaque standard correspond à un type de certification BREEAM spécifique. Ils définissent l’évaluation de critères détaillés plus loin dans l’article.
Une démarche d’amélioration continue
En évolution constante, le référentiel et ses standards sont régulièrement actualisés par de nouvelles versions. Ces mises à jour prennent notamment en compte les nouvelles réglementations en vigueur, encourageant les acteurs de la construction à opter pour des projets plus respectueux de l’environnement et des hommes.
Les critères d’évaluation et le système de notation
Basée sur une analyse multicritère, la certification BREEAM repose sur l’évaluation de plusieurs catégories de performances environnementales ou sociales. Elles peuvent varier selon le type de certification souhaité. Par exemple, les critères évalués pour l’obtention du label BREEAM New Construction ne sont pas les mêmes que ceux du label BREEAM Communities. Notez également que des pondérations sont appliquées sur les différentes catégories en fonction de leur importance dans le type de certification choisi.
Voici les principales thématiques environnementales et sociales qui peuvent être évaluées pour certifier un projet de construction ou de rénovation.
| Catégorie ou thématique | Exemples d’éléments évalués |
|---|---|
| Énergie | Performances énergétiques des bâtiments, efficacité énergétique des équipements et des installations. |
| Gestion de l’eau | Équipements pour économiser l’eau potable, systèmes de récupération des eaux pluviales. |
| Gestion des déchets | Valorisation des déchets issus des chantiers, réutilisation ou recyclage. |
| Santé et confort | Sécurité et bien-être des occupants des bâtiments, qualité de l’air intérieur, confort acoustique. |
| Écomobilité et transports durables | Bornes de recharge pour véhicules électriques, facilité d’accès aux transports en commun. |
| Matériaux | Impact carbone des matériaux de construction, choix de matériaux biosourcés et durables. |
| Biodiversité et écologie | Préservation de la faune, de la flore et de l’environnement local, aménagements écologiques spécifiques. |
| Pollution | Maîtrise des différents types de pollutions et calcul de leur impact sur l’environnement. |
| Management | Performance de la gestion et de la planification du projet, coordination des équipes intervenantes. |
| Innovation | Solutions techniques intégrant des approches innovantes qui surpassent les exigences du référentiel. |
Réalisée par un professionnel nommé assesseur et par le BRE, l’évaluation donne lieu à l’attribution de crédits lorsque les critères répondent aux exigences du référentiel. Ces points permettent d’obtenir un score de niveau (en %). Plus le score obtenu est élevé, plus la structure ou le bâtiment concerné est performant en matière d’impact environnemental et de pratiques durables.
| Niveau | Score requis |
|---|---|
| Unclassified (non certifié) | moins de 30 % |
| Pass (passable) | 30 % ou plus |
| Good (bien) | 45 % ou plus |
| Very Good (très bien) | 55 % ou plus |
| Excellent | 70 % ou plus |
| Outstanding (exceptionnel) | 85 % ou plus |
💡Bon à savoir
En France, la certification BREEAM ne donne pas directement accès à des financements. En revanche, elle peut contribuer à l’obtention de prêts verts (green loans) à des taux préférentiels. Par exemple, la banque Caixa Geral de Depósitos (CGD) prend en compte plusieurs critères, dont la certification BREEAM, pour accorder ce type de prêt.
BREEAM V7 : quelles sont ses nouveautés par rapport à la V6 ?
Entrée en vigueur le 27 janvier 2026, la version 7 de la certification BREEAM New Construction remplace désormais la version 6. Plus exigeante que sa prédécesseure, BREEAM NC V7 apporte de nombreuses évolutions. Son adaptation au cadre réglementaire de la Taxonomie européenne figure parmi les principaux changements. Cela implique, entre autres, des critères d’évaluation renforcés et une approche carbone globale pour les projets de construction ou de rénovation concernés.
La montée en puissance de l’approche carbone
Dans une logique de décarbonation des constructions, BREEAM V7 renforce l’évaluation des émissions de CO2 générées par les projets immobiliers. Alors que la V6 était notée sur la complétude des phases de l’ACV selon la logique « Whole Life Carbon », la V7 intègre le cycle de vie complet des bâtiments, y compris leur fin de vie (phases C) et le module D.
Ainsi, l’évaluation de l’impact carbone devient globale. Elle prend en compte :
- le carbone incorporé (phases A1-A5) : émissions de gaz à effet de serre (équivalent CO2) liées à l’extraction, à la fabrication, au transport et à la mise en œuvre des matériaux ;
- le carbone opérationnel (phases B1-B5) : émissions de gaz à effet de serre (équivalent CO2) liées à l’exploitation du bâtiment ;
- le carbone « fin de vie » (phases C1-C4) : émissions de gaz à effet de serre (équivalent CO2) liées à la démolition du bâtiment, au traitement des déchets, au recyclage et à la revalorisation des matériaux.
De ce fait, l’analyse du cycle de vie du bâtiment (ACV) devient un outil incontournable. Elle doit être mise en œuvre dès la phase de conception des projets pour anticiper le choix des matériaux et des équipements. Par ailleurs, des seuils BREEAM spécifiques sont appliqués aux différents types de projet.
Une approche basée sur les performances réelles
Désormais, la certification BREEAM ne dépend plus seulement des performances théoriques évaluées lors de la conception des projets de construction. Alors que la V6 reposait surtout sur cette logique, la nouvelle version du référentiel valorise les performances réelles des installations en phase d’exploitation. Les demandeurs du label devront justifier de l’efficacité de leurs démarches avec des données mesurables et des indicateurs vérifiables. Cela concerne, par exemple, l’efficacité des systèmes de chauffage, l’optimisation de la consommation d’eau ou encore la consommation énergétique liée à l’éclairage.
Une meilleure prise en compte de la résilience climatique et des aspects humains
Afin de mieux anticiper le changement climatique et ses risques futurs (canicules, inondations), la certification met un point d’honneur à récompenser les nouvelles constructions résilientes face à ces aléas.
Dans un contexte d’urgence climatique, BREEAM V7 valorise non seulement les solutions techniques bas carbone, mais aussi les constructions qui préservent davantage le bien-être et la santé humaine. Les exigences sont revues à la hausse sur des critères tels que la qualité de l’air intérieur, le confort thermique ou encore la prise en compte du rythme circadien.
Quels sont les enjeux pour les professionnels de la construction ?
Pour les acteurs des filières construction et immobilier, la certification BREEAM V7 offre de nombreux avantages.
- une aide précieuse pour atteindre, voire dépasser les obligations réglementaires de la RE2020, du décret tertiaire et de la Taxonomie européenne ;
- un accès facilité à des fonds d’investissement verts et à de meilleures conditions de financement des projets ;
- une crédibilité vérifiable vis-à-vis des engagements pour des projets durables, sans greenwashing ;
- un alignement aux nouvelles exigences ESG (Environnement, Social, Gouvernance) ;
- une simplification du reporting extrafinancier et de l’étude des données des projets grâce au développement de la plateforme BREEAM Projects ;
- une réduction des coûts de fonctionnement des bâtiments, conséquence directe de l’optimisation des performances énergétiques et des économies d’eau ;
- une valorisation du patrimoine et un gain d’intérêt pour les investisseurs.
FAQ
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